La chasse

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Q u'on l'aime ou que l'on ne l'apprécie guère, la chasse est aujourd'hui un loisir auquel de nombreuses personnes peuvent accéder... Il en était tout autrement à la Renaissance. Elle était en effet exclusivement réservée à la noblesse et faisait même partie de l'éducation des jeunes princes. Véritable phénomène de société apprécié dans toutes les cours européennes, elle était un marqueur de la personnalité des nobles qui la pratiquaient et marquait leur bravoure, leur puissance et leur magnificence : la chasse devenait un véritable instrument de communication de l'aristocratie. Ainsi, François Ier, Charles Quint ou encore Henri VIII en étaient de vrais aficionados... François Ier pouvait parait-il passer trois jour à cheval pour débusquer un animal. On comprendra dès lors le choix de l'emplacement de certains palais royaux comme Fontainebleau ou Chambord qui se situent juste en lisière d'une forêt giboyeuse appartenant à la couronne.

Tapisserie - Scène de chasse

Tapisserie - Scène de chasse

Les nombreuses œuvres d'art de l'époque témoignent de l'importance de ce thème. Ainsi, on trouvera un très grand nombre de récits des hauts-faits de chasse des rois et des princes. Une légende raconte par exemple qu'un sanglier qui avait été lâché dans la cour du château d'Amboise, est parvenu jusqu'aux appartements royaux : François Ier se serait alors jeté sur la bête et l'aurait tué avec sa seule épée. De même que dans les textes et poèmes, on retrouve ces exploits de chasse sur des tapisseries, des émaux, des toiles ou sur des fresques murales de cheminées. Les sculpteurs ne sont pas en reste puisqu'une quantité inimaginable de statues de «Diane chasseresse» sont exhibées dans les jardins des palais de la Renaissance... Rappelons que dans la mythologie grecque, Diane était la déesse de la chasse.

Diane chasseresse

Diane chasseresse

La chasse à courre ou vénerie était particulièrement prisée. Plutôt réservée pour le gros gibier, les sangliers et les cerfs notamment, elle consistait à poursuivre l'animal avec une meute de chiens jusqu'à son épuisement : l'animal alors acculé était abattu. Suite à des interdictions royales, les armes à feu étaient assez rares sur les chasses : les armes blanches, épées, arbalètes ou lances, étaient largement préférées... Ceci augmentait d'autant la valeur des chasseurs qui montraient ainsi leur rapidité, leur capacité d'anticipation, leur bravoure. Pour François Ier, la vénerie du cerf était l'art chevaleresque par excellence : le cerf était la proie la plus noble et il faisait une distinction très nette entre «les bêtes rousses et les bêtes noires», ces dernières étant les sangliers ou les loups, l'incarnation du Malin... Tous les stratagèmes étaient bons pour en venir à bout contrairement aux cerfs qui ne pouvaient être tués que «noblement». Cependant, une autre méthode de chasse était également très en vogue : la fauconnerie... Charles VIII et Louis XII, les prédécesseurs de François Ier, en étaient de grands adeptes. Quelles que soient leur manière de chasser, les souverains étaient tellement férus de chasse qu'ils étaient capables d'emporter une meute de chiens durant les expéditions militaires : dès que les opérations leur laissaient un peu de répit, les souverains partaient chasser... La chasse comme continuité de l'exercice de la guerre ?

La fauconnerie

La fauconnerie

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